Elections à la Fédération: le ton est donné !
« Il vaut mieux mourir debout que vivre à genoux »… tel est l’esprit qui a animé le mouvement réformateur qui s’est présenté ce matin sur les lieux de l’assemblée générale.
La veille, comme dans toute élection, un ballet de consultations, d’échanges d’informations entre les parties a eu lieu. Les « pour » le changement, les contre les uns, les contre les contre, les « pour voir », bref: un jeu électoral de très haut niveau qui en tant que tel, peut à coup sûr être qualifié de « victoire de la démocratie » et du lobbying.
De tous les candidats en présence coté « ancien régime », seule celle de l’ancien président suspendu Moustapha Amazzal s’est avérée effective. Une soirée haute en couleur a été organisée à Casablanca hier Samedi soir afin de préparer son élection à grand coup de « lavage de cerveau » comme il aime à le dire à qui veut l’entendre.
De l’autre coté, le candidat unique de l’opposition Ahmed Yacobi s’est démené pour accueillir les présidents de clubs dans l’enceinte de son fief rbati du FUS. Là encore réception, débats, préparation.
Globalement, personne n’a vraiment fermé l’oeil, tant les espérances, les craintes de retournements brutaux, de lachetés de dernière minute ont été omniprésents. Certains, nous l’étions, que plusieurs coups de théâtre auraient lieu: personne ne doutait non plus que le lendemain Dimanche 19 Juin serait une journée Historique!
Il convenait de valider, avant toute considération électorale proprement dite, que les règles du jeu seraient les mêmes pour tous les candidats. ensuite seulement, chacun devait prendre son destin en main et désigner le candidat de son choix.
La mission que les clubs Marrakechis (et région) se sont fixés sans équivoque fut bien entendu de soutenir le candidat de l’opposition, Ahmed Yacobi, dans la mesure où la ville n’a pas souhaité soumettre une candidature propre. Nous pouvions compter pas moins de 10 clubs présents ou représentés à Rabat Samedi 18 au soir pour soutenir la candidature de l’opposition.
La quasi totalité des clubs du Nord et de l’Oriental ont également fait le déplacement motivés comme jamais. Et bien d’autres clubs du centre du Maroc !
Clairement, c’est une seconde victoire, celle de la participation.
La troisième, elle, sera conquise de haute lutte en ce jour historique… Récit de l’enjeu.
« A peine arrivés à l’entrée de la salle où l’assemblée devait avoir lieu, nous pouvions constater la présence de Vigiles douteux empêchant l’accès l’assemblée pourtant prévue à 10h00″. Les présidents comme les candidats ont été refoulés sans autre explication, bien que l’on puisse voir, à travers les fenêtres, la présence de quatre personnes à l’intérieur tout à fait identifiables: M. Amazzal et trois de ses acolytes ricanant…
Décision fut alors prise de considérer qu’en absence du « président par intérim » M. Rochdi (qui s’est déclaré très malade le matin même), le service d’ordre (pseudo-vigiles payés à la tâche) ne pouvait légalement empêcher l’accès à la salle à des présidents souverains en période d’élection, de surcroît, en n’appliquant pas le même traitement à l’une des parties.
Le ton est donné: si M. Yacobi ne passe pas l’entrée, si des représentants de ligues, de clubs prestigieux sont personae non gratta, alors l’ex-président qui n’est plus que président de club doit, de gré ou de force, subir le même traitement. Et quand la raison ne suffit pas…
[...]
Une fois tout le monde sorti, le représentant du Ministère a enfin pu étudier chaque club afin de lui autoriser ou non l’entrée. Les premiers à passer furent Soufiane Zerrou du Royal Echecs Club, Hassan Marzougui de la Ligue du Sud et Abdessalam Mouissou de Chefchaouen ainsi que 3 membres du bureau fédéral.
M. Amazzal ayant compris qu’une bonne partie de ses clubs « fictifs » ne passeraient pas le filtre ministériel et détestant perdre le contrôle de la situation, tente une nouvelle intrusion forcée. Connaissant les lieux sur le bout des doigts, il est entré par une issue de secours… Mal lui en prit. Les premiers clubs passés l’ont immédiatement délogé manu militari, coursé dans l’enceinte de l’établissement sous la huée des Présidents restés à l’extérieur et qui scandaient « Dégage, voleur! ».
Devant ce spectacle d’une extrême intensité, le représentant du Ministère a jugé peu opportun de continuer l’assemblée dans ces conditions et reporté cette-ci à une date ultérieure.
Alors oui, je le dis haut et fort, c’est un jour qui marquera à jamais les esprits tant du point de vue de l’engagement, que de celui du droit à de l’équité des chances. C’est une victoire psychologique surtout, car avant d’arriver à une démocratie idéale, il faut que chacun ait conscience, ait la conviction même du respect qui lui est du. La démocratie est une addition arithmétique de voix égales, non des opérations de soustractions et de divisions.
Le ton est donné, à bon entendeur.
_________________________
Vivent les échecs, vive le Maroc et vivent les Marocains.
L.H.







21 juin 2011 8 h 39 min
Très bon article. A voir la mine défaite d’Amazzal, je suis sûr qu’il est maintenant convaincu que la partie est perdue pour lui. un grand merci à tous ceux qui se sont engagés pour rétablir l’ordre, le sérieux, l’honnêteté et la sérénité au sein de notre Fédération.